Lyon accueille la 6e Conférence de reconstitution du Fonds mondial

Du 8 au 10 octobre 2019, la France recevra pour la première fois la Conférence de reconstitution du Fonds mondial, destiné à lutter contre le sida, la tuberculose et le paludisme. C’est au Centre des Congrès de Lyon qu’interviendra l’organisation, active sur les problématiques de santé.

À Lyon, le Fonds mondial lancera la reconstitution de ses ressources pour trois ans

En mai 2018, il fut annoncé que la 6e conférence de reconstitution du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme se tiendrait pour la première fois en France, à Lyon, du 8 au 10 octobre 2019. À cette occasion, le directeur du Fonds, Peter Sands, déclara que « la France fait preuve d’un formidable sens des responsabilités et d’un engagement sans faille à l’égard de la santé mondiale ». Deuxième plus important bailleur de fonds de l’organisation – qui est financée à 95% par des subventions gouvernementales et à 5% par des donateurs privés –, la France lui a apporté plus de 4,2 milliards d’euros depuis 2002. En compagnie de Sir Elton John, lui-même acteur de la lutte contre le SIDA au travers de sa Fondation, le Président Emmanuel Macron a lancé un appel à la générosité en vue de la prochaine conférence. Objectif : lever 14 milliards de dollars dans la dynamique du Congrès. Plusieurs pays ont en effet déjà annoncé une hausse de leur contribution : 64 millions de francs suisses de la part du pays helvète – sa plus importante contribution à ce jour –, 930,4 millions de dollars du Canada (+15,7%), 550 millions d’euros de la part de l’Union Européenne (+16%). Le but : sauver 16 millions de vies, éviter 236 millions d’infections, et éradiquer les épidémies générées par les trois maladies d’ici 2030.

Financé par plus de 60 pays, le Fonds mondial reconstitue ses ressources pour trois ans, période sur laquelle il poursuit ses collectes. Le financement est également alloué aux pays nécessiteux sur trois ans, avec des programmes qui débutent principalement un à deux ans après l’annonce des subventions. Pour la Sixième reconstitution, qui porte sur la période 2020-2022, 50% des fonds iront au VIH, 18% à la tuberculose, et 32% au paludisme. En parallèle, le rapport annuel 2018 de l’organisation rapportait les résultats obtenus pour l’année 2017, dans les pays et les régions où le Fonds a investi. Ainsi, 17,5 millions de personnes purent être mises sous traitement rétroviral contre le VIH, près de 80 millions de tests de dépistage de la maladie furent pratiqués, presque 10 millions de personnes bénéficièrent de programmes et services de prévention du VIH. Pour la tuberculose, 5 millions disposèrent d’un traitement, idem pour plus de 100 000 victimes d’une forme de tuberculose résistante. En outre, plus de 100 millions de cas de paludisme furent traités. Au niveau du matériel et des finances, le Fonds permit la distribution de presque 200 millions de moustiquaires, et plus de 4 milliards de dollars américains furent décaissés en fonds de subvention. Au total, selon le Fonds mondial, 27 millions de vies ont été sauvées, grâce aux fonds mais aussi à son organisation et à ses objectifs.

Le Fonds mondial : lutter contre les maladies, répondre aux ODD sur la santé

L’initiative du Fonds mondial est née en 2002 sur l’impulsion de Kofi Annan, ancien secrétaire général de l’ONU et alors fraîchement lauréat du prix Nobel de la Paix. La mission première du Fonds consiste à collecter, gérer et investir les ressources financières mondiales qu’elle parvient à obtenir pour lutter contre le VIH, la tuberculose et le paludisme. De 2017 à 2022, ses quatre objectifs stratégiques consistent à maximiser l’impact contre ces maladies, promouvoir et protéger les droits humains et l’égalité de genre, mobiliser un niveau croissant de ressources, et construire des systèmes de santé résilients et durables. Son fonctionnement s’articule en cinq étapes :

  • 1) des fonds sont levés (plus de 4 milliards de dollars par an) pour investir dans des programmes dans plus de 100 pays
  • 2) les pays décident d’investir et élaborent un plan pour combattre les maladies dans leur communauté
  • 3)  un groupe d’experts indépendants rattachés au Fonds mondial étudient et approuvent le cas échéant les propositions
  • 4) les experts locaux et les partenaires implémentent les programmes, avec une surveillance et une évaluation permanentes de leur impact,
  • et 5) l’action est supervisée, des audits et des investigations sont menés. Le but premier de cette démarche est de garantir l’efficacité des mesures de l’organisation en faveur de la santé.

En 2015, les pays membres des Nations Unies ont en effet adopté les 17 Objectifs de développement durable (ODD), un programme universel inscrit dans l’Agenda 2030 de l’Organisation. Le Fonds mondial promeut une approche renforçant le troisième objectif, qui repose sur la santé et le bien-être pour tous. En vue de sa Sixième reconstitution, le Fonds souligne qu’en parallèle d’un ralentissement des investissements en 2017-2019 – la première fois depuis 2006–2007 –, ces ODD sont loin d’être atteints pour plusieurs raisons : investissement politique hésitant, réduction des financements, mais aussi résistance croissante des maladies aux insecticides et aux médicaments.

La Conférence lyonnaise de 2019 vise ainsi, en parallèle d’une levée de fonds et d’un programme de lutte contre la maladie, à poursuivre le travail déjà mené par l’organisation en faveur du troisième ODD et de la couverture sanitaire universelle : renforcer les systèmes de santé, la sécurité sanitaire, obtenir un retour sur investissement de 1 à 19 (un dollar entraînant 19 dollars de retombées en faveur de la santé), stimuler l’investissement national de 46 milliards de dollars, et combattre les inégalités en matière de santé.



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